Pendant l’été, une trentaine de jeunes sont hébergés au sein du vaste parc du château de Bruyères-le-Châtel (Essonne).

Ici, ils s’éclatent. Leurs proches, eux, peuvent recharger les batteries avant de les récupérer.

Image – Droits Réservés : Nolwenn COSSON

Bruyères-le-Châtel (Essonne), jeudi 6 août 2020.
Six jeunes, atteints d’autisme profitent actuellement du centre de répit installé dans le parc du château. 

« Je suis trop bien ici », lâche, sourire aux lèvres, la jeune fille de 10 ans. Sur son lit, quelques livres sont posés, mais ce qui lui plaît, c’est de pouvoir, à sa guise, baisser les volets électriques de sa chambre. Un changement de chaussures, bien rangées dans son armoire, et la voilà repartie dans les couloirs du centre.

Au premier coup d’oeil, on pourrait se croire dans une colonie de vacances. Sauf que dans ce bâtiment, installé en plein coeur du parc du château de Bruyères-le- Châtel, ce sont des autistes, âgés de 7 à 18 ans qui sont hébergés. Des jeunes qui, faute de place dans les structures spécialisées, vivent au quotidien dans leur famille.

« La crise sanitaire a rendu les choses plus urgentes »

« Avec le confinement, beaucoup de parents ont appelé à l’aide. Pour leur permettre de souffler un peu, l’Agence régionale de santé (ARS) a souhaité mettre en place cet accueil de répit. C’est un projet qui était déjà à l’étude, mais la crise sanitaire a rendu les choses plus urgentes», explique Michel BEVE, le président de l’Association d’appui à la participation, à l’inclusion sociale et environnementale (AAPISE) qui encadre ce centre.

Une première en Ile-de-France. « Nous sommes un peu les bras armés de l’ARS, poursuit-il. Depuis deux ans, notre ESAT (Etablissement et service d’aide par le travail) situé à Arpajon est en travaux. En attendant, la mairie de Bruyères nous a proposé de nous héberger ici. Après quelques travaux d’aménagement, c’était le lieu adéquat pour mettre en place ce projet ».

Thierry ROUYER, le maire (sans étiquette), opine : « Ils bénéficient d’un cadre totalement sécurisé, dans un espace naturel de 94 hectares. Et s’il y a des incidents, lorsqu’ils crient par exemple, cela ne gêne pas les riverains comme cela pourrait être le cas en plein coeur de ville ».

Une trentaine d’enfants accueillis cet été

Quatre sessions ont été organisées durant cet été. A chaque fois, six jeunes vivent en internat durant douze jours. Six autres enfants ont pu séjourner quelques journées, de 10 heures à 17 heures. Si tous vivent en communauté, chaque autiste à son référent attitré. Et peut s’isoler dès qu’il en ressent le besoin. « Il y a toujours un temps d’acclimatation. Le premier jour, ils observent beaucoup, indique Sylvain Lamour, le directeur du pôle autonomie adulte de l’AAPISE.

C’est un peu le temps des vacances pour eux ici. Nous avons installé des structures gonflables, nous les avons emmenés au parc de Thoiry (Yvelines), sur un circuit automobile ou encore à la base de loisirs d’Etampes.» Les autres jours, après un réveil entre 7 heures et 9 heures, ils participent à des activités de relaxation, de réflexion, de motricité, entrecoupées de temps calme.

 

Un retour d’expérience mené à la rentrée

La prise en charge de chaque enfant est évaluée à 300 euros par jour. Une somme prise en charge par l’ARS épaulée par plusieurs associations qui ont fourni du matériel. « Pendant la crise du Covid-19, une cellule de crise dédiée à ces familles a été mise en place en lien avec la MDPH (Maison départementale des personnes handicapées) et le DIH (Dispositif intégré handicap) du département, informe l’ARS. Ce sont des familles que nous connaissons et qui se trouvent dans
des situations fragiles ».

Le centre de répit pour enfants autistes
fonctionne jusqu’au 28 août.

 

Image – Droits Réservés : Nolwenn COSSON

 

Des parents qui ont savouré ce moment, comme plusieurs messages en témoignent.
« J’ai récupéré ma fille souriante et heureuse. Et moi, j’ai profité de ce moment de répit pour recharger mes batteries », confie une mère de famille.

Noah (le prénom a été modifié) était sur place du 6 au 17 juillet. « Le séjour lui a été bénéfique, il s’est beaucoup amusé, raconte sa maman. Il a adoré la piscine, les sorties en extérieur et le fait de faire beaucoup de jeux éducatifs. Nous avons besoin de ces séjours de répit pour nous reposer, et nos enfants ont le droit à des vacances comme tous les autres enfants ».

La dernière session prendra fin le 28 août. Les locaux accueilleront ensuite de nouveaux les jeunes de l’ESAT. Un retour d’expérience sera réalisé à la rentrée par l’ARS afin de déterminer si d’autres centres de répit seront mis en place prochainement.